LES LANDAISES EN DÉMONSTRATION À TOULOUSE !

Il y avait tout du match piège, et pourtant les Landaises en ont fait une démonstration de maîtrise. Quatre jours après l’exploit retentissant à Valence et la qualification historique pour le Final Six d’Euroligue, ce déplacement à Toulouse face à un promu en regain de forme pouvait ressembler à un traquenard. Il n’en a rien été. Sérieuses d’entrée, appliquées sans jamais se disperser, les joueuses de Julie Barennes ont rapidement pris le contrôle pour s’éviter toute frayeur… et toute dépense d’énergie.

Le mot d’ordre était limpide : continuer d’avancer. Une victoire de plus pour sécuriser définitivement la place en play-offs de Ligue Féminine, tout en restant ambitieuses au classement. Il s’agissait aussi d’entretenir la dynamique positive avant les prochaines échéances majeures, en France comme sur la scène européenne. Mission accomplie, avec en prime une gestion idéale de l’effectif. Grâce à un écart creusé très tôt, le staff a pu répartir les temps de jeu et préserver les organismes. Le scénario rêvé.

Dans un Palais des Sports acquis à la fête pour la venue du champion de France en titre — un rendez-vous aux allures de derby dans une ligue où les clubs du Sud se font rares — le début de rencontre a offert un spectacle offensif débridé. Les deux équipes se rendaient coup pour coup dans un premier quart-temps rythmé (17-25). Mais déjà, Basket Landes imposait sa cadence, sa discipline et sa supériorité collective.

Car c’est bien ensemble que les Landaises ont construit leur succès. La complémentarité du groupe a encore parlé, à l’image du trio Massey–Lacan–Macquet, chacune sanctionnant derrière l’arc pour poser les bases. Le deuxième quart-temps a ensuite tourné à la démonstration : un cinglant 9-27. Toulouse, qui avait beaucoup donné, a progressivement cédé face à l’intensité défensive et à la justesse offensive landaise. Les espaces se multipliaient, et Basket Landes les exploitait sans relâche.

Le tournant définitif ? Un terrible 0-20 qui a définitivement éteint tout suspense. Yohana Ewodo s’est montrée précieuse dans cette séquence, mais Becky Massey a marqué les esprits avec 10 points durant la série. À la pause, l’écart était déjà conséquent (26-52), et la domination ne s’est jamais démentie par la suite, atteignant les +30 dans le troisième quart. Toutes ont participé à l’effort : Droguet, Bussière, Macquet, Wojta… une performance collective aboutie, fidèle à l’ADN de l’équipe.

Le dernier quart-temps a confirmé la tendance. Si l’enthousiasme du public toulousain ne s’est jamais éteint, les Landaises avaient depuis longtemps pris le contrôle des opérations. Sérieuses jusqu’au bout, elles ont continué à produire du jeu, à l’image du tir primé final de Louise Bussière, symbole d’un après-midi maîtrisé de bout en bout. L’évaluation collective parle d’elle-même : 121.

Individuellement aussi, les performances ont été au rendez-vous. Murjanatu Musa, récemment distinguée sur la scène européenne, a encore brillé avec un solide double-double (13 points, 11 rebonds). Leïla Lacan a confirmé sa régularité, tandis que Djekoundade (10), Ewodo (11), Macquet (13) et Droguet (15) ont toutes franchi la barre des 10 points. Mention spéciale à Becky Massey, étincelante d’efficacité : 19 points, 5 rebonds, 3 interceptions et 2 passes pour 26 d’évaluation.

Un déplacement parfaitement négocié, une confiance entretenue, un effectif préservé : difficile d’imaginer meilleure préparation avant les prochaines grandes batailles. Basket Landes continue d’avancer, avec sérieux et ambition.

STATISTIQUES

Toulouse Métropole Basket : Limouzin 14, Lindstrom 13, San Antonio 11, Cisse 7, Traore 4, Reimer 3, De Freitas 2, Toure 0, Prugnieres 0, Klewinski 0.

22/59 (37%) aux tirs dont 5/15 à 3 points ; 5/7 aux LF ; 31 rebonds dont 10 offensifs ; 12 passes décisives ; 22 balles perdues ; 6 interceptions ; 0 contre ; 10 fautes.

Basket Landes : Wojta 2, Pardon 0, Droguet 7, Djekoundade 8, Musa 13, Macquet 9, Ewodo 12, Massey 19, Bussiere 8, Lacan 10.

34/70 (48%) aux tirs dont 9/26 à 3 points ; 11/12 aux LF ; 40 rebonds dont 15 offensifs ; 22 passes décisives ; 14 balles perdues ; 14 interceptions ; 8 contres ; 10 fautes.

RÉACTIONS

Julie Barennes : “Je suis très contente : on savait que ça pouvait ressembler à un match piège donc on avait demandé beaucoup de sérieux aux joueuses et c’est ce qu’elles ont fait, c’est positif. Toulouse a gagné quatre de ses cinq derniers matchs, elles sont allées gagner à Villeneuve : c’est une équipe qui mérite tout notre respect et c’est important chez nous. On a de bons résultats, c’est super, mais il faut montrer du respect à chaque rencontre. On a joué dans une super salle devant 4 000 personnes. Je connais un peu le basket toulousain et c’était un chouette événement. Plein de gens venaient nous voir et il fallait montrer ce qu’est Basket Landes et ce qu’elles sont. Je suis donc très contente de la mentalité de mes joueuses. J’ai effectué beaucoup de changements pour maintenir la pression, car je demande beaucoup, pour attaquer et pour défendre. Ce n’est pas en option, l’un ou l’autre, mais c’est beaucoup. Et puis on a deux matchs par semaine. On a vu que pour Toulouse ça a pesé car elles n’ont pas l’habitude ni la quantité du roster pour en avoir l’expérience. Moi, mes filles, cela fait trois ans qu’elles enchaînent et c’est un tout autre rythme et si on veut bien performer sur tous les tableaux, cela passe par bien défendre et bien attaquer et par du temps de jeu réparti en vue du risque de blessure et de contre-performance. C’est chiant, un entraîneur, mais honnêtement, on prend match après match et on a préparé le match de Toulouse comme celui de Valence. On n’arrive jamais à un match en se disant qu’on va gagner mais comment on peut le gagner. Il fallait qu’on soit sérieuses dans ce qu’on allait produire. On savait qu’on allait les impacter physiquement si on était capable de défendre comme ça et d’imposer notre rythme en attaque, mais encore faut-il le faire et c’est ce que j’apprécie : elles n’ont pas triché et c’est très bien.”

Becky Massey : “C’est un peu un rêve pour moi de jouer dans cette équipe, avec mes neuf copines à côté de moi, avec un staff vraiment fort et une préparation sur chaque match qu’on essaie de reproduire du mieux possible. Je ne me suis pas sentie spécialement forte (elle rit), je laisse les matchs venir à moi. Notre force dans cette équipe, c’est que le danger peut venir de n’importe qui. En première mi-temps c’était moi mais en deuxième mi-temps, c’était quelqu’un d’autre et j’aime bien. Toulouse est une équipe qu’il fallait vraiment respecter, même quand tu as 20 points d’avance car elles n’abandonnent jamais et c’est pour cela que c’est toujours important de faire attention aux détails. Que ce soit Toulouse, Villeneuve ou une autre équipe, on s’en fiche : il faut faire ce qu’il faut.”

HIGHLIGHTS

Les highlights de la seizième journée de La Boulangère Wonderligue sont disponibles sur notre chaîne YouTube.